Maah Mentsi, née TSOBGNY ZOUTEPA Marie-Claire, a vu le jour vers 1938 à Dschang. Fille de TSOBGNY Paul, dit JOHNY BALENG Ier, fondateur et chef du village Baleng (Bafou), et de NGOULA Catherine, originaire du groupement Balessing. Elle était la 4e d'une fratrie de cinq enfants.
Très jeune, dès l'âge de 5 ans, elle rejoint sa sœur aînée Tiogmeguim Jeanne. Elle a vécu successivement à Baleng, à Dschang au quartier Penglong, puis à Yaoundé. En 1953, à la demande de son père, elle rentre au village. Chrétienne pratiquante, elle s'installe d'abord à la Mission chez les Sœurs catholiques de Dschang en 1954 pendant deux ans, où elle aide les enfants pour l'écriture et le calcul.
En 1959, Marie-Claire épouse M. NGUETSOP Paul, qui deviendra FOOHMIATSUET Ier, Chef du village Miatsuet. Elle lui donnera neuf garçons, dont l'aîné, WAMBA Clément, Professeur des Lycées, né le 20 janvier 1957, décédé en septembre 2010. Sa descendance comptera, avant sa mort, 56 petits-enfants et 31 arrière-petits-enfants. Maah Mentsi sera également la maman adoptive de plusieurs enfants, qui revendiquent avec fierté cette filiation.
Elle porta toute sa vie le double héritage de son père et de sa mère. Du côté paternel, elle devint Princesse et pilier de la cour royale Baleng. En 1981, à 40 ans, elle hérita du titre ancestral de MAAH MENTSI, consacrant sa place unique dans le lignage. Du côté maternel, à Balessing, elle devint la « gardienne des crânes » et maintint jusqu'à sa mort des liens très étroits avec sa famille maternelle. Comme baroud d'honneur, trois ans avant sa mort, elle fit construire sur fonds propres un important mausolée sur la tombe de sa défunte mère.
En septembre 1995, son époux, Sa Majesté FOOHMIATSUET NGUETSOP Paul s'éteignit. Son fils Jean Gallo JIOTSA, alors jeune cadre en France, fut désigné pour lui succéder. Face aux nouvelles responsabilités — plus de 20 veuves et 132 enfants — Maah Mentsi s'est donnée à fond pour que la mission du nouveau Chef soit couronnée de succès. Elle gérait avec maestria la scolarité des enfants, les soins de santé et les malentendus familiaux. Elle avait également plusieurs plantations (Mbeng, Bassessa, Mentsi) et fut une importante productrice de café et de pommes de terre.
Au Cameroun, en Amérique, en Europe et en Asie, on retrouve dans sa nombreuse descendance des chefs d'entreprises, des hommes d'affaires, des experts comptables, des cadres des Douanes, des médecins, des ingénieurs, des professeurs d'universités et des professionnels du sport. Elle aura su maintenir un lien personnel et affectif avec chacun d'eux.
« Rapidement avec Foohmiatsuet Ier, nous avons eu notre premier enfant en 1959, Manfoh NGUETSOP Michel. Et au total il a encadré avec moi neuf beaux enfants. Nous avons passé ensemble 40 belles années avant qu'il ne décède. Je remercie le Seigneur pour mon passage sur terre. Merci à lui de m'avoir confié sa famille en quittant cette terre. On dit qu'on ne remercie pas un mort ? Qui a dit ça ? Je lui dis merci pour la vie merveilleuse qu'il m'a offerte. »
— Maah Mentsi, de son vivant